​L’été des souvenirs olympiques: Laurent Monbaillu, journaliste sportif

L'été 2020 se promettait d’être bel et bien sportif avec les Jeux Olympiques de Tokyo en apothéose. Mais le Covid-19 en a décidé autrement. Pas de Jeux donc. En revanche, c’est pour nous l’occasion d’évoquer les meilleurs souvenirs olympiques. Interview avec Laurent Monbaillu, journaliste sportif à La DH/Les Sports+, partenaire media du COIB.

C’est en 2016 à Rio que Laurent Monbaillu commence à couvrir les Jeux Olympiques.

La seule expérience olympique de Laurent Monbaillu tient en trois lettres, Rio, et en un mot: inoubliable! Comme pour les athlètes, les Jeux Olympiques constituent un temps fort dans une carrière de journaliste sportif.

“On ne s’y prépare pas pendant des années, mais presque! Ce rendez-vous est un incroyable condensé d’émotions, qui nous fait osciller en permanence entre les moments de tension, de joie, de déception, de fierté aussi et qui nous rappelle forcément pourquoi on a choisi ce métier. Au-delà des contraintes de temps tout à fait habituelles quand on travaille pour un quotidien, il importe surtout de gérer le facteur ‘distance’ entre les différents sites olympiques. Et les médias présents au Brésil en 2016 se rappellent aujourd’hui, sourire en coin, qu’à Rio rien n’était simple du point de vue des transports.”

“Aussi, quand le premier jour de compétition débouche sur une médaille d’or, celle de Greg Van Avermaet en l’occurrence, on n’a pas le choix que d’entrer immédiatement dans le vif du sujet. Tout s’accélère subitement. Les épreuves s’enchaînent, les conférences de presse aussi, des plus confidentielles aux plus populaires comme celle de Michael Phelps pour laquelle je n’avais jamais vu une telle concentration de journalistes. On passe d’une discipline à l’autre, on fait des choix, pas toujours payants, on rebondit du mieux possible sur l’actualité, et on tente de ne rien oublier.”

“La médaille de bronze de Dirk Van Tichelt est assurément à ranger au rayon des excellents souvenirs mais j’ai été davantage marqué encore par la tristesse de Charline Van Snick. La Liégeoise, qui avait immortalisé tout sourire son dernier point presse d’un selfie avec les journalistes belges, avait le masque quarante-huit heures plus tard. D’abord introuvable, elle avait fini par se confier, les yeux dans le vide, sur son immense déception. Pas facile de trouver les mots, pour l’intervieweur comme pour l’interviewé, dans de telles circonstances.”

“Aux Jeux, plus qu’ailleurs, beaucoup de choses se passent dans les regards. Dans les moments heureux notamment. Une bonne illustration en est la médaille d’argent de Pieter Timmers, celle que j’ai vécue avec le plus d’intensité. Au plus près des émotions, contenues, entre le nageur et son coach Ronald Gaastra dans la zone mixte: peu de mots ont été échangés mais il y avait de l’admiration, du respect et de la fierté entre les deux hommes. Au plus près également des émotions, auxquelles on laisse libre cours, entre Pieter et Elle, sa future femme, qui savait mieux que quiconque l’implication et la ténacité dont le Limbourgeois a fait preuve depuis tant d’années. On ne monte pas sur le podium olympique de l’épreuve reine par hasard! Là encore, au cours de leurs embrassades, beaucoup de pudeur et de sourires qui en disent long.”

“Trois jours plus tard, c’était Nafi Thiam qui nous régalait avec une médaille d’or inespérée au bout d’un heptathlon au cours duquel elle a, à l’une ou l’autre reprise, failli tout perdre à cause d’une blessure au coude. Pour, en fin de compte, décrocher le Graal et accéder à un nouveau statut, celui de championne immortelle. Une star du sport belge est ‘née’ à Rio et recueillir le récit et les impressions de Nafi, à une heure très avancée, dans les dédales du stade Engenhão, restera comme un moment très particulier.”

Mais le Team Belgium n’avait pas encore dévoilé toutes ses cartes avec la médaille d’or de Nafi Thiam. Le nombre de médailles allait passer à 6.

“Jolien D’hoore décroche à son tour une belle médaille de bronze en omnium avant que les Red Lions ne passent la médaille d’argent autour de leur cou. Ce jour-là, à l’issue d’une finale perdue, c’est un double sentiment, de tristesse vis-à-vis de ce dernier match contre l’Argentine mais aussi de fierté pour l’ensemble de leur parcours, qui a affleuré dans le discours de nos hockeyeurs. Qui n’auront pas mis longtemps avant de se remettre au travail dans le but de décrocher l’or dès la prochaine édition des Jeux...”

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