“Les athlètes de haut niveau doivent repartir à zéro après leur carrière”

Ann Simons, ancienne judokate et médaillée olympique, a volontairement arrêté le judo à un âge relativement jeune. Traversant alors une période fort sombre, elle avait aussi perdu son enthousiasme. Elle a ensuite trouvé un emploi, d'abord à la VUB, puis au cabinet de Patrick Janssens à Anvers. C'étaient des ‘lieux sûrs’, comme elle les appelle mais ils ne lui ont pas permis de construire son propre rêve, à partir de ce qu’elle était vraiment. Interview avec Ann au sujet de son après-carrière et de son livre “De Zachte Weg”.

Quels sont les principaux défis pour les athlètes de haut niveau après leur carrière active ?

Quand tu mets un terme à ta carrière, après 25 ans de sport de haut niveau, tu dois tout recommencer à zéro. Les personnes de ton âge ont déjà construit une carrière de dix ans. Tu n’as pas les compétences que tes pairs ont développées au cours de ces dix années. Les athlètes de haut niveau développent peu de nouvelles compétences au cours de leur parcours et cela, ils le paient cher lorsqu'ils entrent dans la “vie normale”.

Les athlètes de haut niveau ont la mentalité du tout, tout de suite. Et quand les compteurs sont remis à zéro, le monde des affaires ne t’accueille pas à bras ouverts. Cette transition n'est pas facile. En plus, les femmes décident souvent d’avoir des enfants, elles sont à un âge où l'horloge biologique commence à faire tic-tac. Les hommes ne sont pas dans ce processus.

Les athlètes professionnels sont entourés et pris en charge, on leur dit quoi faire et quand. Et tout à coup, ils doivent devenir les architectes de leurs propres vies. Soudain, ils sont pleinement et entièrement responsables de leurs propres destins. Bien souvent, ils ne pensent pas à eux. A ce stade de leurs vies, il n'y a ni temps ni intérêt pour cela. Ils sont axés sur la performance, l'honneur et la reconnaissance.

Le sport de haut niveau est un cocon protecteur. Après avoir quitté ce cocon, les athlètes de haut niveau doivent tracer leurs propres chemins. Certains y parviennent, d'autres non. Ils ont alors besoin d'être guidés et conseillés. Tu dois découvrir qui tu es, quelle est ta passion et comment la poursuivre. Les athlètes doivent se demander: “Qu'est-ce que je veux exactement, quelle est ma motivation, quelles sont mes craintes, quelles sont mes compétences?”

J'ai eu la chance d'atterrir chez Cronos, un groupe actif dans plusieurs secteurs innovants qui travaille avec de petites entreprises. Ils donnent aux gens la possibilité de se développer personnellement et professionnellement dans un environnement financièrement et mentalement sûr. J'y aide également les jeunes grâce à “Wingmen”, un mini-incubateur qui leur donne la possibilité de se développer en toute sécurité financière.

Comment ton livre “De zachte weg” a-t-il vu le jour ?

Aux Jeux Olympiques de Sydney, mon dernier combat n’a duré que quatre minutes. Avec le bronze olympique décroché à la dernière seconde. Il ne m’a pas fallu plus que ces quatre petites minutes pour prendre conscience qu’il en va de ta responsabilité de réaliser tes rêves. Une responsabilité qui commence au moment où tu te rends compte que tu es l'architecte de ta propre vie.

Mon livre est en quelque sorte un récit de voyage, un recueil d'expériences vécues au cours de ma carrière en sport de haut niveau et après. Parce qu'après ma carrière de judokate, après les derniers applaudissements, j'ai dû me réinventer, aller puiser au plus profond de moi-même.

En évoluant avec les autres, j'ai appris à me connaître. J'ai vu plusieurs parallèles entre les tatamis de compétition et la vie réelle. Qui es-tu ? Pourquoi fais-tu ce que tu fais ? Comment réaliser tes rêves ? Comment aider les autres à réaliser les leurs ? Souvent, le trajet est plus important que la destination. C’est le chemin qui te conduit au but.

Pour de plus amples informations sur le livre d'Ann Simons: www.dezachteweg.be.

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