Tokyo 2020 : entre passé et futur

Le compte à rebours avant le début des Jeux Olympiques de Tokyo a réellement commencé. Le 13 mars, il ne restait plus que 500 jours avant que la flamme olympique illumine le nouveau stade national japonais. Tokyo 2020 est-il dans les temps? Nous avons posé la question à Olav Spahl, directeur du sport de haut niveau du COIB et Chef de Mission pour Tokyo 2020.

Du 18 au 20 mars, Olav Spahl et Gert Van Looy, Games Manager, se sont rendus à Tokyo pour les NOC Open Days. « Il y avait au programme différentes présentations sur l’état d’avancement des préparatifs, des explications et une visite du chantier du village olympique », explique Olav Spahl. « On a également pu voir l’état d’avancement des sites de compétitions. Pour le Team Belgium, les sites de cyclisme, de voile, d’équitation, de tir et de golf étaient intéressants puisque c’était la première fois qu’on les voyait.

« Et puis, ces NOC Open Days sont l’occasion de contacts individuels avec le comité d’organisation », poursuit le directeur du sport de haut niveau du COIB. « C’est très important puisque cela nous permet de poser des questions très spécifiques. »

Le village olympique

Le village olympique est situé sur une île artificielle, l’île d’Odaiba, dans la baie de Tokyo. Le village est bâti sur un terrain gagné sur la mer. Il est idéalement situé puisqu’il est très proche du centre de Tokyo, mais loin de l’agitation de la ville et il y a une vue magnifique.

« Le village olympique est un énorme chantier », confirme le Chef de Mission pour Tokyo 2020. « Nous n’avons pas pu voir l’intérieur des bâtiments, mais je peux dire que ce sera un village très compact, puisqu’il mesure 850m sur 470m. Les bâtiments seront très haut mais ça me semble assez bien organisé avec un plan très clair. Les distances seront courtes entre le centre de transport et le réfectoire principal.

« Dû à ce côté compact du village olympique, les appartements seront très petits. Ce ne sera pas forcément un endroit très reposant. C’est pourquoi nous envisageons de faire arriver les athlètes dans le village juste avant leur compétition individuelle », explique Olav Spahl. « Pour les voilistes, le village olympique est situé à une trentaine de minutes du site de compétition. Ils ont donc décidé de rester dans des appartements qu’ils auront près du port. »

Rio versus Tokyo
« À Rio, c’était parfois un peu improvisé, souvent à cause du manque d’implication des gens », se rappelle Olav Spahl. « L’approche du comité d’organisation de Tokyo 2020 est la combinaison d’une structure solide, d’une excellente organisation et d’une structure de concertation et de communication avec un énorme engagement des gens. Ça sera certainement mieux à Tokyo.

« Cela dit, il y a de nombreux défis pour lesquels nous devrons trouver nous-mêmes les solutions », précise Olav Spahl. « L’un des défis majeurs est la circulation à Tokyo et les distances entre le village olympique et les sites de compétitions. Je pense en particulier aux sites du basket et du golf. »

Langue et culture
Au Japon, la langue est une barrière mais il y a aussi une grande différence culturelle. La ponctualité et la politesse sont des caractéristiques spécifiques de l’interaction sociale japonaise. Arriver en retard à une réunion n’est pas apprécié, par exemple. Tout comme se moucher en public, pointer du doigt ou utiliser son GSM pour appeler en public. Pour échanger les cartes de visite, ça se fait à deux mains, et si c’est possible lors d’une réunion, il faut laisser sa carte de visite devant soi sur la table.

« Les membres du comité d’organisation parlent tous un anglais parfait. Ce ne sera donc pas un problème », se réjouit le directeur du sport de haut niveau du COIB. « Et puis nous travaillons avec un bureau de liaison à Tokyo. Deux personnes qui parlent parfaitement japonais et qui peuvent faire des traductions depuis et vers le japonais ou établir les contacts sur place. Un bureau de liaison est d’une aide inestimable pour nous aider sur place dans notre manière de travailler ou de négocier. »

Green Games
Tokyo 2020 s’engage pleinement en faveur de l’innovation en mettant fortement l’accent sur l’environnement. Ces Jeux de 2020 sont déjà appelés les « Jeux Verts ». « Et les médailles pour Tokyo 2020 sont un bon exemple », estime Olav Spahl. « Elles seront entièrement fabriquées à partir de matériaux recyclés provenant de vieux smartphones.»

Le projet Cold2Gold
La vague de chaleur qui a touché Tokyo l’an dernier est une source d’inquiétude pour les organisateurs de ces Jeux. Le comité d’organisation est donc à la recherche d’alternatives, comme, par exemple, un départ très tôt le matin pour le marathon.

Aussi, dans et en dehors des stades olympiques, les Japonais installent des systèmes pour rendre supportable à tout un chacun la visite lors des Jeux (climatisation, douche à bruine, systèmes d’air frais, réservoirs d’eau, ...).

« La température et l’humidité à Tokyo seront un défi supplémentaire pour les athlètes du Team Belgium », explique le Chef de Mission de Tokyo 2020. « Lors des Jeux, on s’attend à des températures supérieures à 30° et un taux d’humidité de plus de 70%. Il est donc très important d’aider nos athlètes à se rafraîchir avant, pendant et après leurs prestations. Sport Vlaanderen, les universités et d’autres partenaires, ont lancé le projet Cold2Gold qui doit développer des pulls et des vestes réfrigérants. »

Entre passé et futur
La Japon peut se targuer d’avoir une grande expérience après avoir déjà organisé trois fois les Jeux Olympiques, dont une édition d’été. Du 24 juillet au 9 août 2020, Tokyo sera cette fois l’hôte de la XXXIIe Olympiade d’été. La ville sera-t-elle prête ?

« Je suis convaincu que Tokyo sera prête pour les Jeux », dit Olav Spahl. « Nous avons pu constater, durant ces NOC Open Days, que les Japonais sont incroyablement bien organisés. Les informations que nous avons reçues sont déjà très détaillées en comparaison des informations que nous avions reçues à la même période pour les Jeux précédents. Les questions qu’ils posent sont pertinentes et très précises.

« Ce que j’ai pu voir ici à Tokyo, c’est une métropole futuriste de 35 millions d’habitants qui oscille entre son histoire et son avenir. C’est très attrayant », conclut Olav Spahl.

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